Consommer une relation ou la co-créer ?

Ces derniers temps j’ai rencontré plusieurs hommes qui ont quitté une relation ou y ont songé/en ont eu envie car ils avaient l’impression de sans cesse “travailler sur leur relation”, se remettre en question, sans plus y trouver les bons moments des débuts.

Ma première pensée en les entendant a été : où êtes-vous pour créer ces bons moments que vous désirez ?
Où êtes-vous pour prendre la situation en main et vous offrir des moments de détentes et de plaisir avec votre partenaire ?
Comment se fait-il que vous n’en preniez pas la responsabilité ?
Où êtes-vous pour créer ces expériences et offrir de tels moments ?
Où êtes-vous pour ne plus être passif mais actifs, acteur et créateurs ?

Il y a presque 10 ans je suis entrée dans une relation en disant régulièrement à mon partenaire “I am not your sex provider”, ce qui peut se traduire par : “Je ne suis pas prestataire de service sexuels gratuits, libre service”.
Mon message était : si tu as envie de sexe, cela ne me concerne pas, si tu as envie de sexe avec moi alors voyons si j’en ai aussi envie ou pas.
Je ne voulait pas qu’il se tourne vers moi dès qu’il avait une pulsion ou un désir sexuel.
Ce que je voulais c’était me sentir désirée et aimée et non utilisée pour “assouvir”, pour “consommer”.
(J’ai mis des années à réaliser que je réglais là des comptes avec mon passé et que cette personne n’avait jamais eu de telles attentes ou demandes envers moi…)

Aujourd’hui je réalise que dans d’autres relations, j’aurais dû ajouter très clairement : “Je ne suis pas prestataire de services en bons moments, je ne suis pas là pour procurer des expériences, je ne suis pas là pour satisfaire des consommateurs de relation gratuitement.”.

Comme le dit Ken Blackman :
Il relationnait avec les hommes et traitaient les femmes comme des énigmes et des personnes dont il voulait obtenir quelque-chose, ce pour quoi il utilisait des stratégie comme il l’aurait fait dans des jeux vidéos.

Beaucoup de femmes me rapportent avoir été dans des relations où elles ont donné, porté, aidé, soutenu, par amour et jusqu’à l’épuisement et qu’elles ont été quittés parce que la relation n’était plus fun, qu’elle n’étaient plus agréables, rayonnantes et joyeuses comme au début.
Elles se retrouvent vidées de leur énergie, parfois déplumées aussi financièrement et abandonnée ainsi par la personne à qui elles ont tout donné.
Certains coachs en relations utilisent la métaphore de l’écologie : l’extraction des sols, la pollution, l’agriculture intensive qui tue la vie des sols versus une relation écologique : fertiliser, arroser, nettoyer, recycler, ne pas faire de déchets, vivre avec les saisons, offrir des espaces/temps de régénération etc.

Aujourd’hui j’ai l’impression qu’on peut quitter des relations comme on mettrait une critique à un restaurant, exemple d’une personne quittant une relation pourtant engagée, avec des projets sur le long terme “pour le meilleur et pour le pire” (c’était juste des mots, il faut toujours tenir compte des actions et non des mots, aussi beaux et prometteurs soient-ils) :

“Je voulais juste être avec une amoureuse cool, et vivre une chouette relation, et apprendre des trucs et être joyeux. J’ai eu toutes ces choses pendant un moment, jusqu’à ce que j’estime que je ne les ai plus.”

Je suis profondément choquée par ces propos qui sous entendent que tout le “cool, joyeux etc” lui étaient dû.
Puis comme un client d’un restaurant insatisfait il quitte le restaurant car le service était trop long, ou la déco, ou la musique ne lui plaisait pas, ou son steak n’était pas cuit à son goût. Parfois même sans payer sa note…
En anglais on appelle ça l'”entitlement” : se comporter comme si les choses nous étaient dû, c’est un comportement résiduel de l’époque ou un titre de noblesse nous donnaient des privilèges automatiquement.

Cela me choque tellement que des personnes puissent être perçues comme des fonctions : procurer des moments joyeux, cools, pas prise de tête, ne pas poser trop de questions etc. Plutôt que des personnes avec qui co-créer la relation désirée et en prendre soin comme des jardiniers. C’est cette vision du couple des années 50 dans lequel la femme s’occupait de toute la charge émotionnelle de la famille; créer la “feel good energy” pendant que l’homme pouvaient se passer de l’écoute de ses propres émotions comme de celles de ses proches.

Cela va tellement avec ce titre d’un article de Libération :

«Le modèle actuel de l’amour hétéro ne fonctionne que
lorsque les femmes ferment leur gueule»

Mona Chollet

 

Régulièrement j’entends des personne me dire qu’elles savent que leur mère ne supportent pas certains comportements de leurs pères, mais ne disent rien, et disent “que veux-tu, il est comme ça, il ne va pas changer, faut l’aimer comme il est” etc.

Si votre partenaire est épuisé.e, stressé.e, anxieux.se, en colère etc, posez-vous la question : quand est-ce la dernière fois que j’ai arrosé, nourrit, donné de l’attention à notre relation ? Que je me suis mis.e à la place de l’autre ?
Parfois une relation c’est vraiment comme un jardin : les fleurs sont le résultat des graines qu’on y a planté, de l’eau qu’on y a arrosé, de l’engrais qu’on y a mis, etc.

Récemment j’ai lu encore une autre chose qui m’a profondément choquée :

“Tu retrouveras de chouettes personnes à qui faire profiter de tout ce que tu es.”

Cette phrase anodine dénote d’un ÉNORME malentendu : Nous ne sommes pas là pour “faire profiter de ce que nous sommes” à qui que ce soit, et encore moins gratuitement.
Ça c’est un vieux modèle patriarcal où on traite les femmes comme des esclaves qu’on possède et qui doivent répondre à des attentes sous peine d’être abandonnées.
Si vous voulez “profiter” des bons moments que peut vous procurer une personne, des expériences qu’elle peut vous faire vivre, alors, allez au bout de votre démarche et louez les services d’un.e professionnel.le, tout simplement.
Les personnes qui veulent “faire profiter” se font payer en général. Les autres sont là pour profiter aussi et également.

« Dans notre culture patriarcale, on associe la relation au féminin et on fait à l’intimité ce qu’on fait à beaucoup de choses associées au féminin : on l’idéalise en principe et on la dévalorise dans les faits, donc dans notre culture on apprends pas à nos enfants à être relationnels. »
Terry Real

Et pour celleux qui souhaitent vivre le cycle des relations, de leur printemps à leur automne, et les voir s’approfondir, s’enrichir, se “mettre à jour”, se régénérer, et refleurir, ceux qui veulent apprendre à jardiner les plus plus belles fleurs et fruits, ceux qui veulent se sentir responsables et co-créateurs de leurs relation, nous proposons une gammes d’outils pour cela .

Pour faire un test et savoir si vous êtes prêts à une relation, voyez si vous pouvez garder un plante en pleine santé sous votre toit plut de 6 mois .

Alors, qu’est-ce qui vous empêche de prendre les reines / rênes et créer la relation dont vous rêvez ?
Qu’est-ce qui vous empêche d’être jardinier plutôt qu’exploitant ?
Qu’est-ce qui vous empêche de passer de passif à actif dans votre relation ?

Une partie des éléments de réponse se trouvent là : https://slowsexlovelife.fr/frigo-ou-deesse/ et là : https://slowsexlovelife.fr/jai-ete-feignant/

Mon ami et collègue Mortiz Kerkmann Hood a écrit un post pour parler de la connexion d’un homme à ses émotions et en particulier à sa colère de façon à en extraire leur réel message.

Beaucoup d’hommes ont été éduqué à refouler et ignorer leurs émotions afin de se montrer (faussement) forts, tel que le culte et le mythe de la virilité le leurs demande. En faisant cela leurs émotions passent souvent inaperçues à leur conscience et ils passent directement à la case frustration, colère, repli, prise de distance, irritabilité parfois sans même reconnaître qu’ils ont une émotion et ou un problème/situation à traiter.
Ils n’ont donc pas l’occasion de passer du temps avec leur émotion pour en déceler le message, le besoin et agir de façon à y répondre.
Cette attitude dans une relation fait perdre à ces hommes toute agentivité dans la relation, c’est à dire capacité à agir pour prendre soin de la relation, en prendre la responsabilité plutôt que de la subir.
La colère en particulier apporte l’énergie d’agir pour créer du changement. Il ne s’agit pas d’attendre le changement de l’autre comme on ferait une demande à un.e serveur/serveuse de restaurant en exprimant ses besoins, désir, attentes.
Il s’agit, comme l’enseigne Terry Real de réaliser que si l’autre ne m’offre pas ce que je désire c’est qu’iel lui manque iel-même quelque-chose pour pouvoir me l’offrir.
C’est se poser cette question : De quoi avons-nous tout les deux besoins pour créer ce changement désiré ?
Quels moyens suis-je prêt.e à mettre en œuvre pour créer les conditions qui permettent à ma relation de fleurir comme je le souhaite ?

C’est retrouver les leviers d’actions en intégrant l’autre dans réflexion :

Exemples :

– “Je veux plus de sexe dans cette relation, je suis en droit de l’attendre, je le mérite et tu ne me le donne pas.”
Vs :
“Nous méritons tout les deux une sexualité épanouissante et nourrissante, et ce n’est pas ce que nous avons.
Que puis-je faire, de quoi as-tu besoin pour que nous la revitalisions ensemble ?”
Réponse possible :
“J’ai besoin de pouvoir me reposer et être libéré.e des tâches ménagères et des enfants pour me sentir sexuel.le.”

– “Arrêtes de fuir tes responsabilité, nous avons besoin de parler de ce sujet pour prendre des décisions importantes.”
Vs :
“De quoi as-tu besoin pour que nous puissions avoir cette conversation importante ?”
J’ai besoin de temps seul.e pour me reposer et y réfléchir, avant de pouvoir en parler avec toi.


Beaucoup d’hommes placent leur valeur dans le degré de satisfaction de leur partenaire, et donc leur insatisfaction signifie pour eux qu’ils sont mauvais, qu’ils ne sont pas à la hauteur, qu’ils ne sont pas capables etc. Ce qui affecte leur confiance en eux créer de la honte et de la culpabilité ce qui les poussent à se cacher, se retirer, se désengager, nier, fuir.
Beaucoup d’hommes s’ils pensent qu’ils ne peuvent “réussir” cessent d’essayer.

Ce que nous proposons à ces hommes c’est de :
– Développer leur confiance en eux indépendamment de la validation venant de leurs relations.
C’est à dire en fonction de leur alignement à leurs propres valeurs et critères. Ainsi leur estime et confiance en d’eux-même et pas des autres.
Cela change tout, exemple vécu :

Un jour de grande frustration je pique une colère contre mon compagnon lui faisant une ribambelle de reproches.
Il me réponds calmement : dis-moi un truc que j’ai fais bien.
J’en trouve un.
Il m’en demande un autre, je lui réponds.
Au bout de 10 choses bien qu’il a fait j’avais complètement oublié les reproches que je lui faisais 5 minutes avant, et j’étais pleine de gratitude d’avoir à mes côté un homme si merveilleux, presque trop bien pour moi.

Mes reproches en l’ont pas atteins car ils ne l’ont pas fait douté de sa valeur. Il avait conscience d’avoir fait de son mieux et de tout ce qu’il avait fait de bien et de correct. Il m’a donc rappelé toutes ces choses.
Et quand il m’a pris dans ses bras j’ai réalisé que toute cette frustration et ces reproches venaient du fait que le contact avec son corps me manquait terriblement et que je n’en étais pas rendu compte.

Comme le dit Nicole Daedone, il y a peu de problème qu’un état orgasmique intense et prolongé de ne peut pas résoudre.
Passez une nuit d’amour et voyez ce qui reste des problèmes à résoudre le lendemain matin.
Évidemment cela sous tend qu’il faut savoir accéder à ces états. Et surtout cela nécessaire de mettre sa fierté de côté et de reconnaître que malgré tout, on a envie de sexe, d’affection, de tendresse. Cela nécessite de dépasser le mécanisme de priver l’autre de ça pour le punir, le manipuler, le contrôler. Cela ne marche pas.
Bien sûr, pour beaucoup de personnes, il n’est pas possible de s’ouvrir sexuellement quand on ne se sens pas bien émotionnellement et en sécurité dans la relation.
C’est pourquoi les pratiques Slow Sex Love Life comme la Méditation Orgasmique proposent des terrains de pratiques neutres à partir desquelles il est possible de reconstruire des ponts.
D’où l’intérêt d’ancrer et solidifier ces pratiques afin qu’elles paraissent toujours comme quelque-chose de possible en toute circonstances.

Alors, pour vivre des relations heureuses qui durent, qui vivent des saisons, qui transcendent les difficultés, quel jardinier avez-vous envie de devenir ? Quels moyens êtes-vous prêts à mettre en œuvre ? Êtes-vous prêts à investir pour apprendre ?
Votre relation ou futures relations en valent-elle le coup ?

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